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 Mon hospitalisation

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mc
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Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 06/03/2005

MessageSujet: Mon hospitalisation   Lun 7 Mar à 0:29

Par DS :


Epilogue :

Le 23 avril 2002, après deux ans, d’examens, de réflexions blessantes et redondantes, de traitements diverses, d’opérations, d’espoirs, de désespoirs, le spécialiste de la procréation médicalement assistée du centre où j’étais suivie m’a transféré 2 embryons fécondés in vitro, dixit de « très bonne qualité ».

Malgré çà, les 15 jours d’attente du résultat n’ont été qu’angoisse maladive d’un nouvel échec.

En définitive, ma grossesse a bien commencé, dans le bonheur d’apprendre un mois plus tard qu’il y avait deux petits cœurs qui battaient !!

J’ai peur de tout (toxoplasmose, fausses couches, malformations...) sauf de la prématurité et puis me dis-je bêtement, j’ai galéré pour être enceinte ça doit suffire comme souffrance le combat contre la stérilité...

Tout se passe bien, aucunes vraies fatigues, quelques sensations tendues que je confonds avec l’activité intra-utérine des bébés. Je suis épanouie comme jamais, je passe mes journées à me regarder le ventre de profil !

Comble de joie, satisfaction sincèrement inespérée, début septembre, j’apprends même que j’attends un garçon et une fille !! Alors, je m’amuse à répondre aux personnes qui me demandent si j’attends un garçons ou une fille : les 2 !

Fin septembre 2002, 5° écho.
Les échographies, moments magiques où nous rencontrons visuellement nos deux petits cœurs.

Celle-ci devrait être comme les autres un moment de bonheur partagé. Pourtant dans la voiture sur le chemin, un mauvais pressentiment m’agace. J’en parle à mon homme qui ne comprends pas pourquoi ça se passerait mal.

Ma crainte était justifiée. Alors que jusque là tout, les examens étaient parfaits, sans crier gare ma grossesse est menacée : mon col est très effacé. En fait l’utérus était contractile mais de façon complètement indolore. Le travail d’accouchement peut démarrer d’un instant à l’autre.

Seulement, nous ne sommes ni à 9, ni à 8, ni à 7, même pas à 6 mais simplement à5 mois de grossesse. La vie de mes bébés est en danger, je panique.

Dans ma tête une certitude, mes bébés ne pourront pas survivre s’ils naissaient maintenant, le malheur de la maternité m’a retrouvé va t-il me rattraper ?

Ils étaient 19 heures passées, l’échographe, pressée, sans se soucier de mon état, me demande l’hospitalisation mais par mes propres moyens sans se donner la peine de prévenir ou d’expliquer mon cas à ma maternité.

Cette journée pourtant si douce sombre vertigineusement en cauchemar. Comble de la mauvaise soirée, en appelant la maternité, je tombe sur le gynéco de garde le plus exécrable qui existe, au téléphone, il me dit carrément de :
rentrer chez moi,
qu’on n’accouche pas à 5 mois,
que je n’ai qu’à venir le lendemain ; j’insiste, il me dit que je n’ai « qu’à venir si çà m’amuse ! Mais que je perds mon temps ! »

Dans la voiture, avec mon mari, pas un mot, on a une sorte de panique silencieuse.

L’abruti de gynécologue me reçoit entre deux patientes après une heure d’attente, alors que je suis sensée être une urgence.

Il commence par un « nécessaire » questionnaire administratif qui vire à l’audience juridique :
« Pourquoi avez-vous eu besoin de faire une FIV (fécondation in vitro) à 24 ans ?! »

A cette question accusatrice, j’énumère sans états d’âmes :
« -Salpingectomie droite pour nécrose,
passage péritonéal lent à gauche,
dystrophie ovarienne avec dysovulation,
clomidorésistance,
et endométriose. »

Mon inquisiteur vient de comprendre que ma procréation médicalement assistée n’avait pas été un caprice d’empressement à la grossesse !

Je passe en examen, après un toucher vaginal douloureux comme jamais, ce médecin me donne le faux espoir d’une erreur à l’échographie... Il me refait une écho du col trop insistante torturant un peu plus cette attache en péril.

Alors après avoir pester contre ce qu’il pensait être une simple angoisse de future maman, il finit par admettre la nécessité de mon hospitalisation et prescrit aux sages femmes de me donner un calmant car il note sur l’ordonnance « super angoissée », mais pourquoi donc ?

Arrivée en chambre, j’éclate en sanglots, un monitoring pour vérifier les contractions (pas fortes mais trop régulières), le fameux calmant mais la nuit restera courte et agitée.
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mc
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MessageSujet: mon hospitalisation (suite)   Lun 7 Mar à 0:31

Mon hospitalisation :

Le lendemain, un autre médecin, il me prescrit des médicaments anti-contractions, une piqûre pour accélérer la maturation des poumons des bébés, des prises de sang pour un bilan, une piqûre dans les jambes tout les jours pour éviter les phlébites, un monitoring quotidien, avec alitement simple (autorisation de me doucher et d’aller aux toilettes.) tout ceci pendant une semaine au moins il décidera le lundi suivant ce qu’il adviendra.

Sans rien m’expliquer de plus, je devrais en rester là ? Impossible, je lui demande des explications sur le potentiel de ma grossesse, réponse claire et sans détour : je peux accoucher demain, dans dix jours, dans un mois au plus un mois et demi. De cette réponse, je ne retiens que le pire et me semble t-il la non viabilité des bébés de ce terme. Information supplémentaire, la médecine arrive à sauver ces tout petits bébés.

Espoir.
Devant mon étonnement, il rajoute nonchalamment et textuellement : « Oui, mais pas tous ! Et il y a des risques de séquelles... ».

Peut-être imagine t-il qu’avec des jumeaux je m’autorise cinquante pour cent de perte avec un survivant handicapé.

Désespoir.
Dans l’élan incroyable de cette chute psychologique un coup de folie, une lucidité intense, ou une révélation peut-être : NOUS ALLONS TENIR ! Cette histoire d’amour entre mes enfants et moi ne peut s’arrêter là. Je parle à mes bébés, je leur dit que nous allons y arriver, il faut s’accrocher au moins un mois. Je ne veux pas les abandonner, ils ne peuvent pas m’abandonner.

A ce moment précis, c’est une intime conviction.

J’avais déjà eu une certitude comme celle-ci en rentrant chez moi après le transfert de la FIV, où dans un moment pareil, j’ai su que « les 2 aller tenir ! » Malheureusement ces états de grâce réels sont très éphémères.

Ironie du sort, le samedi qui suit, je tombe par le plus grand des hasards sur un reportage télé américain sur les très grands prémas, images chocs mais heureusement les 2 bébés protagonistes sont sauvés. C’est mon seul point possible de comparaison car pour moi les bébés qui naissent trop tôt devaient avoir la bonne idée d’attendre au moins 6 mois de grossesse. C’est alors que de nature plutôt littéraire que cartésienne, je mets à tout calculer, tout comparer, le reportage daté de 99 nous sommes en 2002 la médecine a forcément fait des progrès en 3 ans. Je suis à un terme plus avancé de 2 semaines par rapport aux bébés du reportage. Je pousse mes calculs en me disant que si les médecins se basent sur la date du transfert embryonnaires pour dater le début de la grossesse mes enfants ont quand même commencé une gestation in vitro 2 jours avant... J’essaie de me raccrocher à tout qui peut nous avancer !

La semaine s’écoule dans le confort de cette petite maternité. Le chef du service devait décider de mon sort. Je suis lucide, je n’espère pas sortir, mais une des sages femmes n’avait cessé de me rassurer, d’accord, dans cette maternité ils n’ont pas le droit de m’accoucher au terme où je suis mais ils ont encore assez de marge de manœuvre pour empêcher le déclenchement de l’accouchement.

Je vous reprends les termes du médecin : « Pour vous la question de l’hospitalisation ne se pose pas, mais il serait bon de s’interroger sur la nécessité d’un transfert en CHU »

A ce moment là, sûrement en lisant la panique sur mon visage, il rajoute, « nous n’avons pas de raison de penser que votre accouchement est imminent, c’est plus par précaution, car au cas où, il vaut mieux que vous soyez sur place que l’on vous transfert au dernier moment par SAMU ou par hélico. »

Cette décision semble plus que bien fondée. (J’appris même, après, par les spécialistes du CHU qu’il aurait été encore plus sage d’effectuer ce changement plus tôt. Mais aussi que si ça n’a pas été fait plutôt à mon arrivée à 25 Semaines d’Aménorrhées c’est qu’« ils avaient dû faire une croix sur les bébés ».)

Pour prendre sa décision, le chef du service me fait passer un nouveau bilan gynécologique avec entre autre une échographie. « J.1 et J.2 » vont bien, j’apprends qu’ils atteignent les 690gr et 840 gr. (Mon nouveau côté cartésien note que le plus léger des 2 bébés est déjà plus lourd que ceux de mon reportage du samedi).

Mon col, lui, a encore rétrécit. Le médecin demande à ce que je sois transférée dans une maternité de niveau 3. Il me laisse le choix entre 2 C.H.U., sans m’informer que l’un possède un service de réanimation pédiatrique et pas l’autre, je fais un choix géographique sans savoir que c’était le bon. Je suis en pleurs dans la chambre toute seule, je préviens mon mari au téléphone, il arrive. Mes parents appellent au même moment, ils arrivent. L’atroce gynéco qui m’a admis avec réticences une semaine plus tôt passe me voir. Je sèche mes larmes. Il a le courage de reconnaître au moins qu’il ne s’y est pas bien pris pour m’examiner, qu’il n’aurait pas dû insister autant pour l’écho. Mon pauvre homme si tu savais tout ce que tu n’as pas bien fait ce jour là !

L’après-midi, transfert en SAMU. Mon mari et ma famille suivent en voiture. L’anxiété me rend muette. L’ambulancier, sympathique gaillard compatissant, tente, en vain, de me faire la conversation.

Je suis à 26 S.A plus 2 jours, j’atterris dans les urgences maternité d’un grand hôpital public.

C’est le choc.

Je suis en salle de travail, la n°2, dans le couloir j’entends le personnel parler de mon cas en m’appellant « la dilatée 2 », tout un monde de poésie ! Les internes se succèdent, ils me refont un bilan gynécologique et médical complet : prises de sang, perfusions, échographie, bilan anesthésique et me placent un monitoring. Tout est fait comme si j’allais partir en accouchement. Face à leur discours, je n’imagine même pas porter mes petits plus de 24 heures. J’écoute le cœur de mes petits au monitoring, le bruit de chevaux au galop, je regarde le traçage de ces précieuses pulsations.

Ma famille et mon mari se succèdent un part un, c’est la consigne, auprès de moi ils essaient de faire bonne figure, mais c’est surjoué. Dans ma tête, c’est le chaos, je culpabilise de leur faire autant de peur, de leur avoir fait croire à l’arrivée d’un double bonheur. Le monitoring m’épuise, cela fait plusieurs heures que je suis dans l’inconfort de cette lugubre salle verrouillée. Je me raccroche toujours aux pulsations des petits, je mesure à quel point chacune d’entre elles compte in utero.

Les urgentistes me mettent les points sur les i, m’expliquent sans équivoque que mes petits sont rentrés dans les limites de la viabilité, s’ils naissent maintenant se seront des très grands prématurés, ils ont les équipements pour les prendre en charge sur place, mais il y a des gros risques de mortalité ou de séquelles. Il faut absolument que je tienne, pour cela ils m’ordonnent l’alitement strict (interdiction totale de se lever même pour aller aux toilettes...), perfusion anti-contractions en cure de 3 jours, monitoring deux fois par jour.

Ils me montent enfin en chambre, j’espère, du fait de mon alitement strict, être seule, je me retrouve en chambre triple. Malgré ces présences inconnues, je me libère de cette angoissante journée en longs sanglots. Même si je n’accouche pas, le cauchemar continu, je suis « clouée au lit » pour me laver le personnel m’apporte une bassine d’eau, point : ni savon, ni gant, ni aide, j’ai une perf’ donc je ne peux même pas me changer le tee-shirt.

J’appelle ma mère en retenant mes larmes, le soir, elle me découpe le tee-shirt, m’amène du savon, des affaires propres et me lave.

Les toilettes c’est pareil, tant bien que mal j’arrive à faire « mes petits besoins » dans leur bassin, mais je suis extrêmement gênée vis à vis des occupantes de la chambre qui sont en alitement simple. Il faut que je gère mes pauses pipi avec leurs visites, mes visites. Je trouve le truc, faire pipi au maximum la nuit quand je les entends dormir ; pardonnez-moi pour ces « détails », mais je pense qu’on ne peut réellement comprendre l’humiliation de cette hospitalisation sans les relater.

Autre problème, je n’ai pas été à la selle depuis 3 jours dans l’autre hôpital : C’est un double blocage, l’alitement constipe et l’idée de faire çà dans mon lit, dans la chambre, dans un bassin, c’est l’horreur... J’en deviens malade, je suis au bord de la crise de nerfs, je déprime, je demande à me lever pour aller aux toilettes, en prétextant qu’il vaut mieux que je me lève 30 secondes qu’être malade pendant 3 jours, la sage-femme cède et m’aide à me lever.

Le lendemain, je vois l’interne, en privé, pour une écho, je lui explique mon problème, il refuse de laisser me lever même une fois par jour, mon col est trop fragile (il est descendu à 7mm).

Il m’explique (au cas où je n’aurai pas bien compris) que je ne suis qu’à 26 S.A d’une grossesse qui ne tient que par un col de la taille de l’ongle de son auriculaire ! Les risques de mortalité et d’handicaps sont très élevés pour des enfants de ce terme.

Le 1° objectif que je dois me fixer c’est 28 S.A : ce sont des cas lourds mais gérables par les médecins.

Dans ma tête c’est la panique : il faut tenir au moins 15 jours... Mais ma grossesse est prête à lâcher... Même 15 jours de plus, ils seront encore loin d’être tirer d’affaires...

A ce moment là, je pose la question fatale pour savoir à partir de combien de semaines d’aménorrhées, un accouchement prématuré ne pose plus de réels problèmes.

Réponse tout aussi fatale pour mon moral : « 34 semaines, mais vous n’y arriverez pas ! »

Il me fait transférer en chambre seule dans l’après-midi.

D’un côté, c’est un soulagement, de l’autre depuis presque 4 jours que j’étais en chambre triple, j’avais des voisines jeunes et sympas, on discutait beaucoup, on regardait la TV ensemble et leurs visites étaient comme une distraction. Les journées passaient plutôt vite.

Alors d’un coup, je me retrouve toute seule, dans ma chambre, sans télé, sans personne, entourée de 4 murs, clouée dans mon lit avec pour seules distractions le grincement des portes et tout les bruits du couloir. J’éclate en sanglots.

Une copine me passe un coup de fil, je décroche mais je n’arrive même pas à lui parler, je lui raccroche au nez. Une nouvelle semaine s’écoule, mon père m’appelle tous les matins vers 8 heures et me répète chaque jours : "Et une journée de gagner !" Au delà de cela, de plus en plus cartésienne je compte le bénéfice d’une journée gagnée chaque soir, et d’une nuit chaque matin.

Ma mère vient me voir tous les jours entre midi et deux, le soir aussi des fois, c’est elle qui me lave parfois mon mari.

Mon mari s’est mis en maladie 15 jours pour être plus près de moi.

Même si je ne le précise pas toujours, j’ai l’énorme privilège d’avoir des proches très présents.

Les jours vont commencer à se suivre, les visites et les premières habitudes aussi.

Mes différentes collègues de travail et amis se succèdent.

Les appels téléphoniques de la famille et des connaissances pleuvent.

Ces coups de téléphone sont encourageants et chaleureux, le problème, répéter toute la journée les mêmes choses :
« Alors qu’est ce qui t’arrive ? (Rien, je fais mon intéressante...)
Si je peux faire quelques choses pour toi, si t’as besoin de quoique ce soit, surtout n’hésites pas !
Priez ! Y’a que ça dont j’ai besoin, des prières pour mes enfants ! » Et de s’entendre dire, alitée :
"Repose-toi bien surtout !"

Les journées se ressemblent toutes, paradoxalement certaines sont bonnes d’autres mauvaises :
Bonnes, comme celles où une sage-femme spécialisée m’explique de façon claire et non violente la naissance et le devenir des bébés nés au terme où en j’en suis et chaque bénéfice médical des jours et des semaines gagnées. Cette dame je lui adresse toute ma gratitude. Elle m’a patiemment tout expliqué, encouragé, elle a l’expérience, la sagesse, les mots justes. Au delà des discours alarmistes, au delà des réflexions déplacées. Ses visites sont salutaires.

Mauvaises, comme ces jours et ces nuits, où mon imagination se noie dans le scénario de la perte de mes amours ou encore comment vivre avec deux enfants porteurs de graves séquelles... Alors pleure-je un jours, je ne suis pas faîte pour être maman, pourquoi aidé et encouragé cette grossesse puisqu’elle n’arrivera jamais à terme que je risque de perdre ces petits êtres que j’aime déjà tant ou au mieux de les faire souffrir pendant de longues semaines ? Je ne suis pas faîte pour être maman.

Ces crises sont nécessaires mais dangereuses, elles peuvent provoquer le travail. Certaines sages-femmes, élèves ou titulaires, prennent alors de leur temps pour me parler. Mais inlassablement, un calmant m’est toujours prescrit.
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mc
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MessageSujet: Re: Mon hospitalisation   Lun 7 Mar à 0:32

J’arrive à 27 S.A :
Le 1er objectif que m’ont fixé les médecins en arrivant c’était 28 S.A, plus qu’une semaine et j’y suis, c’est possible, il faut y croire...

Mais il y a un truc bizarre que je ressens chaque fois que je me redresse un peu pour manger, comme un petit écoulement vaginale, je vérifie mais je ne vois rien.

Les monitorings indiquent une reprise des contractions, on me remet sous perf’, re-cure de 3 jours anti-contractions.

A la fin du 1er jour de la cure, je parle de mes petits écoulements à une élève sage-femme. On me fait un prélèvement il se peut que cela soit du liquide amniotique, cela voudrait dire, qu’il y a une poche de percer...

"Et pourquoi je ne leur en est pas parlé plutôt ?!"

Nous sommes lundi, résultats de l’examen dans l’après-midi, arrive 17h passées, avec mon mari dans la chambre, pas de résultats, on se dit : "pas de nouvelles, bonnes nouvelles !" Car si c’est bien du liquide amniotique, ils seraient obligés de provoquer l’accouchement, car le bébé concerné risque de manquer de liquide. Fausse joie, la sage-femme en chef vient me prévenir que c’est effectivement du liquide amniotique, qu’il y a une poche de percer !

Et re-panique et re-crise de larmes !

Plus tard, j’apprends que l’accouchement n’est pas obligatoire, un interne a été appelé pour me faire une écho afin de vérifier que les bébés ont assez de liquide pour tenir encore quelques jours (nous sommes à 27 S.A + 2 jours) : si oui, statut quo, sinon : césarienne !

C’est le début de soirée, ma mère, mon mari et moi attendons ce fichu interne qui ne vient pas ("coincé aux urgences"), je suis privée de dîner évidement pour rester à jeun.
20h...
21h... mon mari rentre, je le rappelle au cas où...
22h... 22h30...
23h... Enfin ! L’interne arrive, elle s’excuse de son retard mais ils ont eu 2 césariennes en urgences (pourvu que, je ne sois pas la troisième !)
Bonne nouvelle, tout va bien pour les bébés et le liquide, ils baignent parfaitement de toutes parts.
Mon petit garçon nous fait même l’honneur de tourner sa tête au bon moment et nous découvrons le relief d’un magnifique petit visage... 23h30, on m’apporte le plateau repas froid, ma mère rentre, ce n’est pas pour ce soir...

Le lendemain, la perfusion est changée : on ne bloque pas les contractions quand une poche est percée, enfin « fissurée » pour être précis, l’anti-contractions est remplacé par des antibiotiques, il faut absolument que je ne contracte aucune infection, sinon césarienne !
Tout est devenu « sinon césarienne ! » Je vois une sage femme, je lui demande combien de temps"on tient" avec une poche des eaux fissurée : "entre 3 et 8 jours", une autre me dit maximum 10 jours seulement cela faisait déjà 3 jours que j’avais ressenti les 1° pertes, il va être difficile d’arriver à 28 S.A.

Mon nouvel emploi du temps : prise de température 5x/jour, prise de sang tout les 2 jours, test urinaire tout les matins, hygiène intime par les sages femmes 2x/jours...

Parallèlement à tout çà, j’ai toujours, une piqûre tous les jours pour la phlébite, 2 voir 3 monitorings par jours de 3/4 d’heure, quand elles n’oublient pas de me l’enlever.

La visite d’une kiné la semaine, pour le massage, plus ou moins gracieuses en fonction des personnes.

D’ailleurs, il vaut mieux être soignée, par des élèves (pour le corps médical dans son ensemble) qui mettent encore du cœur à l’ouvrage que par certains titulaires qui n’ont plus envie de rien que de se plaindre de tout. Je ne parle même pas de ceux qui vous font culpabiliser d’être là : La charge de travail énorme que vous représenter, cette manie d’appeler à chaque fois que votre bassin est plein...

Le lavage des cheveux et des dents sont aussi des soucis de plus à gérer. Pour les dents, je me débrouille avec l’eau servie à table et les gobelets en plastique.

Pour les cheveux, une copine m’a achetée un shampooing à sec, mais cela reste du dépannage, ma tête devient vite grasse et sale, malgré çà le personnel ne s’en soucie guère, tout ce qu’ils veulent c’est que je reste au lit et que je ne les appelle pas trop souvent. Il a fallu l’intervention d’un interne auprès des aides-soignantes pour que l’une d’entre elle se décide à me faire un shampooing avec une bassine dans le lit. J’appris après, qu’en fait elle s’entraînait pour son examen, qu’il fallait que je sois contente parce qu’on ne me ferai pas çà tout les jours. (En fait, le shampooing au patient fait parti de leur référentiel mais cela doit être pour ne pas le pratiquer après).

En tout j’ai eu trois shampooings, pas que le personnel se soit décidé à m’aider, mais après le1°, j’ai expliqué à ma mère et à mon mari comment procéder et des amies m’ont aidé.

28 SA, 1° objectif atteint ! Je continue à manger complètement couchée, j’espère qu’on va m’autoriser à me lever 1 fois par jour : "Négatif, pas avant 31, 32 SA".

Les plateaux repas soient fades soit mauvais voir les deux me déprime. Je passe mes journées à faire des mots croisés, regarder la télé, lire, un peu de point de croix...

Je n’arrive à rien faire longtemps, les positions maintenues me fatiguent, problème : seules 3 positions sont possibles, sur le côté droit, le gauche et sur le dos, j’ai très vite fait le tour !

Je ne suis qu’allongée toute la journée, c’est contre-nature, à tel point où parfois inconsciemment mon corps va pour se lever, mais le conscient me rattrape de suite, et je ne bouge pas, je ne me lève pas, je ne mets pas un pied à terre... Je me mets à rêvasser devant ce sol que je ne foule pas.

Les jours se succèdent les uns derrière les autres, la terreur de perdre mes bébés diminue, mais auront-ils des séquelles ?

Malgré tout je commence à y croire, je demande à ma mère de leur acheter des petits bodys de prématurés, vous avez déjà vu des bodys taille 40 ? C’est impressionnament petits !

Depuis le début de ma grossesse mon mari me prend en photo chaque début de mois, même à l’hôpital.

En voyant la tête que j’ai sur les dernières faites à mon entrée à l’hôpital, je lui demande de me ramener un peu de maquillage et une jolie robe de grossesse que je n’ai jamais eu l’occasion de mettre, afin de faire des photos un peu plus jolies.
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