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 NAISSANCE DE MES BEBES ROMAIN ET CORALIE... ET PREECLAMPSIE

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mc
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 06/03/2005

MessageSujet: NAISSANCE DE MES BEBES ROMAIN ET CORALIE... ET PREECLAMPSIE   Dim 6 Mar à 23:51

Par une anonyme ...

GROSSESSE

Ma grossesse gémellaire s’est déroulée comme dans un rêve pendant 8 mois : pas de nausées, pas de mal de dos, pas de remontées acides, pas « d’envies » subites, bref : R.A.S. Seul souci : le volume et le poids du ventre, qui me contraignaient à dormir sur le côté et m’empêchaient de rester debout plus de quelques minutes sans appui. Et un gonflement global qui ne me permettait quasiment plus de plier les jambes ou les doigts (impossible d’ouvrir une bouteille !).

Début août, soit une dizaine de jours avant le déclenchement prévu le 11, j’ai commencé à me sentir comprimée au niveau de la cage thoracique. Je ne pouvais pas rester assise longtemps, seule la position allongée me convenait. J’apprendrai longtemps plus tard que je faisait de la rétention d’eau pour cause d’hypertension, et que j’avais de l’eau jusque dans les poumons, d’où cette sensation d’être comprimée.

Le lundi 4 août, heureusement, j’avais rendez-vous comme chaque mois à Poissy pour une visite de contrôle. J’étais déterminée à demander à accoucher dès le vendredi 8... je n’en pouvais plus du volume et du poids de mon ventre, d’occuper 70% de l’espace dans le lit (ben oui, quand vous devez basculer sur le dos pour pouvoir vous retourner du côté gauche vers le côté droit, et que votre ventre fait 120 cm de circonférence...) et surtout, surtout, je voulais pouvoir enfin serrer mes bébés contre moi.

La sage-femme prend ma tension, qui est à 14/9. Ouh là là, ça ne va pas ça. La sage-femme m’envoie aux urgences, en observation.

Aussitôt arrivée aux urgences, on m’installe au calme sur un lit et on me prend la tension : 16/10. Oups. Monitoring : tout va bien. Deux heures plus tard, toujours 16/10. Là, les médecins décident de me garder et de déclencher la naissance dès le lendemain. Les bébés vont très bien, ils sont tout à fait aptes à « assumer » cette très-mini-prématurité (ils n’iront d’ailleurs pas en couveuse). J’en ai les larmes aux yeux, enfin, ces bébés tellement attendus, nous allons pouvoir les tenir dans nos bras, les voir... et ce dès demain.

Le lendemain, donc, mardi 5 août, déclenchement à 10h... sans résultat, je n’aurai quasiment pas de contractions, et ce jusqu’au 6 août après-midi !

NAISSANCE

L’après-midi du mercredi 6 août, l’obstétricien prend le taureau par les cornes, et décide de passer à l’étape suivante : l’injection d’ocytocines, qui vont lancer de « vraies » contractions, longues, efficaces, et tout et tout. On me fait une prise de sang, qui n’est pas bonne, le taux de plaquettes est bas ; s’il descend en dessous de 80 000, il n’y aura pas de péridurale... Ouf, j’en ai 100 000, donc l’anesthésiste vient avec tout son matériel. Très rapidement les membres inférieurs s’engourdissent et on a froid, on a froid, brrrr je grelotte, on m’installe un drap, mais bon, je grelotte toujours. Et la valse des sages-femmes, obstétriciens, continue : dilatation bloquée à 2 cm, rien à faire, même la percée artificielle de la poche des eaux n’y fera rien, vraiment, mes bébés ne voulaient pas naître avant l’heure !!! Je ne peux même pas dire qu’ils voulaient rester au chaud, la canicule est en train de s’installer !

A presque 23h, l’obstétricien regarde mon mari : on fait une césarienne, vos bébés seront nés dans 1/2 heure... ok dit tout de suite mon mari, qui n’en peut plus de les attendre, de les vouloir dans ses bras, ses bébés. Moi, les deux seules choses auxquelles je pense à ce moment-là, c’est : est-ce que mon mari sera là ? OUI ! (C’est vraiment génial). Et : faites-en sorte qu’il n’y ait pas un bébé qui naisse avant minuit et l’autre après !!! Pour la césarienne, je suis complètement d’accord - je n’en peux plus, moi aussi, de les attendre.

Dès notre accord, les choses s’accélèrent. On me donne un petit comprimé (« pour éviter les nausées »). L’anesthésiste revient, me réinjecte de l’anesthésiant. Je suis emmenée, sur mon brancard, au bloc, installée, bras écartés, un champ stérile devant mon ventre. Mon mari ? Où est mon mari ? (Je veux absolument qu’il puisse entendre le premier cri de chacun de nos bébés). On me rassure, il sera autorisé à entrer, mais au dernier moment. Ils sont deux obstétriciens à s’occuper de mon ventre, l’un sur la droite, l’autre sur la gauche, et rapidement j’ai l’impression qu’ils donnent de grandes claques dessus, comme on le fait pour remettre un oreiller en état ! J’ai la sensation que mon ventre est balancé de droite à gauche, comme s’ils se l’envoyait et se le renvoyait ! Quelle sensation désagréable... Je sens que je perds la tête, j’ai la nausée, on m’approche un petit récipient En fait, cette sensation de ventre ballotté à droite à gauche vient du fait que l’incision étant relativement petite et basse, ils sont obligés de « tirailler » pour faire sortir le bébé.

Dans un brouillard, j’assiste à la naissance de mes bébés. Romain et Coralie sont nés le mercredi 6 août à 23h29 et 23h30, Romain pèse 2,890 kg pour 47 cm, Coralie 2,830 kg pour 48,5 cm. Ma petite fille est plus grande, mais moins « lourde » que son frère. Ces informations-là, je ne les aurai que dans quelques jours... 30 mn plus tard, on me monte en salle de réveil, il est minuit pile.

C’est à ce moment-là que les choses empirent pour moi. Je ne me souviens pas de la journée du jeudi 7 août. J’ai été transférée dans la nuit de la salle de réveil vers le service de réanimation, parce que ma tension était encore trop élevée et mon taux de plaquettes trop bas, ce qui nécessite un traitement lourd, ainsi qu’une surveillance constante. Mon mari est venu me voir tôt le matin, je m’en souviens vaguement... Et le pire : une sage-femme m’a amené mes bébés dans l’après-midi, installés ensemble dans un grand berceau, et je ne m’en souviens quasiment pas. Plusieurs mois plus tard, cette situation (le fait de ne pas avoir de souvenirs des premières heures de mes bébés) me mine encore. Selon les explications que le responsable de la réa à transmises à mon mari, il semble que la péridurale puis la morphine (que l’on m’a injectée dès mon arrivée en réa) m’aient fait dormir et somnoler en alternance.

Le vendredi 8, mon mari vient me voir avec nos enfants, je m’en souviens, mais c’est vague... Il me prend en photo, Coralie dormant sur ma poitrine... heureusement que j’ai cette photo pour m’en souvenir ! Il a pris une photo de nos bébés, installés dans leur berceau double, il en a fait un agrandissement, qu’il accroche au mur à côté de mon lit.

La nuit du vendredi au samedi est épouvantable, comme la précédente d’ailleurs. En réa, il y a toujours de la lumière, même diffuse, et du bruit, avec les différents appareils utilisés, d’autant que nous sommes en pleine canicule et que des climatiseurs ont été installés. J’ai un appareil qui surveille l’oxygénation de mon sang, et lorsque je bouge, il sonne. Je dors très peu, j’entends des voix, je perçois des mouvements de gens qui n’existent pas, j’ai l’impression qu’un homme en costume-cravate se tient à côté de mon lit et m’observe... et j’ai parfaitement conscience que ce sont des hallucinations. Je me demande ce qui m’arrive, j’ai l’impression de perdre la tête. C’est extrêmement angoissant.

Sur le plan santé, je perds énormément d’eau, à peu près 7 litres par jour. Heureusement, on m’a laissé ma sonde urinaire ! J’ai des bas de contention, mes chevilles ont retrouvé leur finesse, c’est impressionnant à voir ! Quant aux plaquettes, elles remontent, mais tout doucement. Ma tension stagne à 15/9. C’est elle qui est déterminante pour mon retour dans le service maternité. On me fait plusieurs prises de sang par jour, 5 à 6 tubes sont remplis à chaque fois. Comme mes bras sont déjà encombrés, on me pique un peu partout sur les jambes, même sur le dessus des pieds. Mais mes veines sont fragiles, elles « claquent » comme disent les infirmières, il faut recommencer ailleurs. J’ai de ces bleus !

Le samedi matin, je me sens relativement bien, je me lève pour la première fois depuis la naissance, je peux faire ma toilette hors de mon lit, je suis presque euphorique, je me dis que je vais rejoindre mes bébés. Et puis, réinstallée sur mon lit, je regarde à nouveau la photo de mes bébés... et là, c’est le baby-blues puissance 10 qui me prend... je me mets à pleurer, mais à pleurer comme jamais cela ne m’est arrivé. Je n’en peux plus de ne pas les avoir près de moi, de ne pas les voir et surtout, je me demande qui est qui sur la photo... Je sais bien que Romain est brun alors que Coralie est blonde, mais je ne vois pas très bien leurs cheveux (ils en ont très peu) et donc je ne suis pas sûre de moi, et c’est l’horreur. Je suis leur mère, ils sont nés depuis + de 2 jours, et je ne les reconnais pas, je ne les ai jamais vu nus, « entiers ». Je sais qu’ils sont entre de bonnes mains, mon mari est énormément présent auprès d’eux, et en son absence ce sont les puéricultrices qui veillent sur eux. Je saurai plus tard qu’elles leur ont accordé une attention toute particulière du fait de la situation, et je leur en suis reconnaissante. Mais moi, je ne suis pas avec eux. Je suis entrée à l’hôpital pour la plus belle chose qui soit au monde, faire naître mes bébés, et je me retrouve sans eux, à côté d’un grand malade dont je ne vois que les pieds tout blancs (nous ne sommes séparés que par un rideau), il ne répond pas aux infirmières (il est probablement dans le coma). Lui, c’est normal qu’il soit ici, mais moi ?

Devant mon « désespoir », les infirmières viennent me voir, le chef du service de réa aussi. On fait le maximum pour transformer mon traitement par perfusion en un traitement médicamenteux. Les résultats des prises de sang sont meilleurs, je vais certainement pouvoir regagner ma chambre après le déjeuner, je sais que cette période difficile est quasiment terminée, mais je ne peux pas m’arrêter de pleurer.

Finalement, je vais repartir dans ma chambre pile à l’heure du déjeuner, c’est mon mari qui descend mon plateau... et nous prenons nos bébés avec nous dès notre arrivée.

Je tiens à faire ici un éloge de l’attitude de mon mari, qui a été exemplaire. Dès la première minute de la naissance de nos bébés, il ne les a pas quittés. N’étant pas encore en vacances, il se devait de se rendre à son bureau, ce qu’il a fait, mais au minimum, c’est-à-dire à peu près 2 heures le jeudi et 1 h le vendredi... Il ne quittait la maternité que vers 23h, pour y revenir dès 7h le lendemain. Dans ce laps de temps, il faisait tourner les lessives, pliait le linge propre qu’il ramenait pour Romain et Coralie. Dès son arrivée, il prenait nos bébés dans la nursery et s’installait avec eux dans ma chambre (heureusement, j’avais une chambre particulière). Il leur donnait leurs bains, leurs biberons, faisait tous les soins nécessaires, les regardait dormir. Il a fait l’admiration des puéricultrices ! Ce que j’ai entendu comme éloges sur lui à mon retour dans ma chambre !

L’après-midi du samedi se déroule tranquillement, je profite enfin de mes bébés, et mon mari vit sa première journée « en famille ». Cela fait 3 jours qu’il attend cela.

Durant l’après-midi du samedi, une idée germe petit à petit dans mon esprit... je suis en chambre particulière, il y a un grand fauteuil... et si mon mari restait ce soir ? En fait, je suis encore très faible, je ne reste pas longtemps debout, j’ai encore une perfusion qui entrave mes mouvements, je perds encore énormément d’eau mais je n’ai plus la sonde, donc je me rends sans arrêt aux toilettes et surtout, je ne me sens pas forte psychologiquement... J’appréhende un peu cette nuit au cours de laquelle je ne serai pas « surveillée » comme je l’étais en réanimation. Et puis, tout l’après-midi du samedi, j’entends une musique, que j’entendais déjà en réa, je sais que c’est encore une hallucination, je n’ai toutefois pas pu m’empêcher de demander à mon mari s’il l’entendait lui aussi, et bien sûr la réponse à été non... Bref, lorsque je fais part de mon idée de nuit en famille à mon mari, il me répond d’emblée qu’il y a pensé lui aussi. C’est peu après minuit que la sage-femme s’aperçoit que mon mari est encore là, nous lui faisons alors notre demande. Elle hésite puis dit « oui, mais ce sera la seule nuit », et elle nous l’accorde uniquement parce que les conditions de la naissance ont été particulières. Grand merci à elle pour sa compréhension, et bien lui en a pris, car je vais faire cette nuit-là des rêves étranges, qui aboutiront à ce que j’arrache ma perfusion... Mon mari sentait la chose venir, je me souviens qu’à plusieurs reprises il m’a dit, dans mon sommeil, de ne pas toucher à mon pansement. Malheureusement, il s’est absenté à un moment dans la nuit pour aller chercher un biberon pour l’un de nos loupiaux, et c’est à cet instant que j’ai arraché ma perfusion. Le sang jaillissant m’a ramenée à la réalité, et je m’apprêtais à sortir de ma chambre pour aller chercher une infirmière lorsqu’il est revenu. J’imagine la scène pour lui, du sang partout, sur le lit, sur mes bas de contention et mes bras, moi hagarde, tout cela faisant suite à des propos incohérents de ma part, le pauvre a du se faire une sacrée frayeur. Heureusement, plus de peur que de mal, après tout, nous sommes dans un hôpital ! Une infirmière arrête l’hémorragie, on me change mes draps, je me rendors.

Je sus plus tard que mon mari a filé le lendemain matin voir le chef du service de réanimation pour discuter de cet évènement avec lui, et plus généralement de mes hallucinations, de ma petite musique etc... En fait, ce n’est que la suite de ma réaction à la morphine, et effectivement, les choses vont rentrer dans l’ordre dans la journée du dimanche.

Dans le courant de la semaine suivante, je peux enfin rentrer chez moi, avec mes petits bouts ! Notre famille se trouve enfin réunie ! Je ne suis pas encore guérie, j’ai un traitement relativement lourd pour maintenir ma tension à 25, ce qui, bien sûr, est encore trop, mais il faut du temps pour la faire redescendre. Une infirmière vient chez nous tous les jours pour contrôler cette tension, afin que le traitement soit adapté quotidiennement (en même temps, elle s’extasie sur nos deux petites merveilles !). Je dois faire contrôler régulièrement mon sang et mes urines.

Trois semaines après ma sortie, ma tension va revenir à 12/8, nous pouvons cesser le traitement. Je rencontre la néphrologue de l’hôpital de Poissy, qui me donne alors des détails sur ce qui m’est arrivé : j’ai fait une prééclampsie (montée de la tension et chute du taux de plaquettes), doublée d’un Hepp Syndrome (mini-thromboses, perturbation du fonctionnement des reins et du foie - dans les cas graves le cœur est atteint lui aussi). Je vais rencontrer la néphrologue pour la dernière fois en février 2004, soit 6 mois après la naissance de mes bébés, et ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle va me déclarer guérie.

Pour information, une femme sur quatre reste hypertendue après une prééclampsie (ce n’est pas mon cas, ouf !). Lors de la grossesse suivante, le risque de re-faire une prééclampsie est élevé, même s’il n’y a qu’un seul bébé. On ne sait pas ce qui la déclenche, mais il semblerait que le placenta joue un grand rôle. Le seul traitement préventif, lors d’une nouvelle grossesse, est de prendre de l’aspirine à faible dose en tout début, associé à la surveillance hebdomadaire de la tension. J’ai eu la chance que ma prééclampsie ne se déclenchât qu’en toute fin de grossesse, ce qui a permis de faire naître mes bébés sans traumatisme pour eux, j’ai eu la chance aussi qu’elle soit détectée dès son commencement, ce qui a limité tous les « effets secondaires », pour moi comme pour eux.
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